Emile Allais Dies at 100

By | October 24, 2012 at 1:51 pm | No comments | In Memoriam

Émile Allais died Oct. 17, aged 100. He set up the Ecole de Ski Francais, helped create modern ski resorts and is considered the first great French ski racer as he dominated the sport in the 1930s.

He was born in Megève in February 1912, the son of a baker.

Emile Allais

He won the first alpine skiing medal at the 1936 Olympics and was a World Champion in all ski disciplines. He dominated ski racing in the 1930s.

He went on to coach the French national ski team for 7 years.

Émile Allais will perhaps best be remembered for establishing the Ecole de Ski Français that is the largest ski school in the world and has branches in every French ski resort.

At the time his teaching methods were innovative as he brought race techniques to holiday skiers.

He was instrumental is developing grooming and slope safety and was involved in ski resort development across the French Alps at resorts including Courchevel, La Plagne, Vars and Flaine.

Much of this came from working in the USA before bringing back the ideas to Europe.

Emile Allais

He was closely involved with the development of equipment.

A keen off piste skier and climber he completed many first descents. There is a couloir in Courchevel named after him.

In 2005 he was invited to the French Senate in Paris to be honored for his services to skiing.

He died in hospital in Sallanches in the French Alps on Wednesday after an illness.

You can read more about Allais in a profile about him the Jan./Feb 2012 issue of Skiing Heritage magazine, or here.

Source: Planetski.Eur

 

 

Né en février 1912 à Megève (Haute-Savoie), Emile Allais était considéré comme le pionnier de l’or blanc en France, le père du ski français. En près de 100 ans, le fils du boulanger de Megève, a tout inventé, laissant sa trace dans les montagnes du monde. Retour sur les sept vies d’Émile Allais, légende du siècle qui, paradoxalement, aura mis du temps avant d’être reconnu à Megève !

LE CHAMPION : un palmarès XXL

A 20 ans, après avoir dominé tous les gamins de Megève lors de la Coupe du bon skieur, il est sélectionné en Equipe de France en 1932. Le début d’une carrière XXL, il devient le premier médaillé tricolore aux Mondiaux de Mürren (1935 ; argent descente et combiné). Il enchaîne en décrochant la première breloque française aux Jeux d’hiver à Garmisch (bronze en combiné) alors que le ski alpin entre au programme olympique sous les yeux d’Adolph Hitler. Troisième, “peut mieux faire” pensent les Mégevans. L’année suivante à Chamonix, il signe un triplé en or (slalom, descente et combiné) lors des premiers championnats du monde en France. En 1938, il obtient encore l’or en combiné et l’argent en descente et slalom…

LE BATISSEUR : Le père des stations modernes

Faute de propositions à Megève, sa station, Emile Allais traverse l’Atlantique. Une ruée vers l’or blanc en Amérique du Nord et du Sud où il commence sa carrière d’aménageur de domaines skiables sur le tas…de neige. On lui doit pêle-mêle La Parva, Las Lenas, Telluride, Squaw Valley, Sun Valley où, visionnaire, il comprend immédiatement l’importance des parkings pour les voitures. Aux USA, il ne dormait pas de la nuit, miné par le poids des responsabilités mais quel œil pour dessiner des pistes, installer des remontées mécaniques ! Une expérience riche pour construire les grands domaines de Courchevel, La Plagne, Vars, Flaine qui portent tous sa signature. L’hiver dernier, pour un entretien dans les pages Montagneco du magazine Alpes Loisirs (éditions du Dauphiné Libéré), il fourmillait encore d’idées. “On peut encore envisager des liaisons entre les massifs pour les skieurs mais il faut aussi penser aux piétons pour que ces liaisons leur permettent à eux aussi de ses promener. Chaque station cherche à garder sa clientèle mais il y a surement une clientèle en particulier étrangère qui rêverait de découvrir chaque jour un nouveau site. Imaginez un domaine Chamonix – Nice !”

L’INVENTEUR : Pour la performance

Il avait toujours un temps d’avance. Inventeur de skis chez Rossignol dont il fut conseiller technique durant les années Boix-Vives, des Allais 41, en bois, aux Allais 60, les premiers skis métalliques. Quel bond en avant au service de la glisse… Les skis ont bien évolué avec le temps. “J’ai adopté il y a 20 ans les premiers skis larges de Rossignol destinés à la pratique héliski au Canada. Les paraboliques sont une sacrée avancée technologique vers un ski facile et accessible. Je pense qu’on va aller vers des skis asymétriques sur toute la longueur car on n’a pas besoin des mêmes caractéristiques à l’intérieur qu’à l’extérieur du ski on aura donc à mon avis un jour un ski droit et un ski gauche (ils existent : la marque Slovène Elan les a développés, ndlr). Je pense aussi que l’avenir est quand même d’avoir plusieurs skis selon la pratique : on a bien plusieurs voiles en bateau, plusieurs clubs dans un sac de golf… Malheureusement, une paire de ski coûte cher, alors ce n’est pas évident”, nous confiait-il peu avant son centième anniversaire. Emile a également participé au développement des fuseaux Allard, célèbre griffe de Megève.

LE PISTEUR : Pour le plaisir de la glisse

Adepte du tout terrain, Emile Allais a très vite compris que le succès du ski passait par le plaisir de la glisse et l’obligation de la faciliter. Il ramène dans ses bagages des USA le métier de pisteur-secouriste avec les premières chenillettes à Courchevel. “C’est certain que quand je suis arrivé à Courchevel et que j’ai vu qu’on damait encore les pistes “à ski”, je me suis dit qu’on avait un train de retard. Au début, je n’ai pas eu le financement pour un premier snowcat (ça valait plus cher qu’un autobus !), j’ai attendu le premier jour de mauvaise neige et j’ai proposé à monsieur Michaud (directeur départemental des ponts et chaussées) d’aller skier. La neige était terrible : de la poudreuse sur laquelle il avait plu… Après une descente, il m’a dit “OK, c’est bon pour ton snowcat” ! Il découvre également la technique des canons à neige au Canada qu’il va également développer .

L’ALPINISTE : Second de cordée

Il était souvent devant en ski mais en second de cordée quand il évoluait dans la paroi derrière son ami le guide Armand Charlet avec qui il a gravi de grands sommets comme l’aiguille Verte où ses qualités de gymnaste ont fait merveille. La perte de trop nombreux amis de Chamonix, “tombés”, l’a détourné de la verticale. Pendant la guerre, il participa à la Libération au sein du bataillon du Mont-Blanc.

LE MONITEUR : Le n°1 des pulls rouges pour l’éternité

Titulaire de la première médaille de moniteur en 1937 au col de Voza, près de Chamonix, Emile est à l’origine de la création de l’école nationale de ski dont il fut directeur technique et de la méthode pédagogique française. Il exportera son savoir-faire au Chili à Portillo, dans l’hémisphère sud pour entraîner l’équipe nationale, avant le Canada aux J0 de Saint-Moritz (1948) et les Américains à ceux d’Oslo (1952). “Il est l’ADN du ski” témoignait Gilles Chabert, le patron des pulls rouges qui avaient rendu un vibrant hommage à Emile à Megève le 25 février 2012, jour de son centième anniversaire. Sur l’enseignement, le père de la méthode française continuait à phosphorer. “Je pense qu’on laisse trop longtemps les gens en chasse neige avec le nouveau matériel et qu’on n’insiste pas assez sur le dérapage surtout chez les enfants. J’ai passé des après-midis avec mon petit fils (Emile junior, ndlr) en dérapage dans les dévers alors qu’il faisait parfaitement des virages coupés… Mais je suis fier de l’enseignement qu’on propose en France”, témoignait ce skieur passionné toujours vêtu d’une combinaison bleue assortie à ses yeux.

LE FREERIDER : Du ski de pentes raides avant l’heure

A la fin des années 30, il faisait du ski de pentes raides bien avant l’avènement du freeride avec des premières comme le glacier du Milieu à l’aiguille d’Argentière avec André Tournier et Maurice Lafforgue, fines spatules comme lui ou encore la face nord du Dôme du Goûter. Pour lui, l’essence du ski était hors des pistes. Freerider avant l’heure. En décembre 2007, pour le magazine Ski Chrono, nous avions organisé une rencontre au sommet entre Emile Allais et Enak Gavaggio (lire ci-dessous), freerider et icône du mouvement alternatif. “Quand j’avais ton âge, on voulait toujours partir à l’aventure. C’est un autre type de compétition. C’est ce qui est bien dans le ski, dans l’engagement à tous les niveaux. Quand on voit des débutants qui réussissent à descendre un bout de pente, c’est une joie formidable pour eux. Ce plaisir est progressif. Quand je te vois dans cette pente raide, je comprends ton plaisir” avait glissé Emile, les yeux pétillants à Enak. “Je tremblais comme un petit caillou face à une montagne, se souvient Gavaggio au sujet de cette rencontre mais il est surtout à l’écoute du monde, avide de connaissances, curieux de tout. C’est l’opposé d’un vieux con. C’est une encyclopédie du ski et de la vie, un livre toujours ouvert sur l’avenir”.

La Rencontre Emile Allais / Enak Gavaggio (Ski Chrono magazine n°10) à lire ici.

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par Antoine CHANDELLIER et Laurent DAVIER le 18/10/2012 à 08:11 Vu 13283 fois    www.ledauphine.com

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